Le light painting


Le principe du light painting et du light drawing

Histoire du light painting


La première image en light painting remonte à 1882 et a été créée par Etienne-Jules Marey. Il avait simplement écrit son prénom à travers le chemin lumineux qu’il traçait.
En 1937 Etienne-Jules Marey est à la fois le créateur du light painting et celui de la chronophotographie. Ce dernier terme désigne la capture rapide et successive de plusieurs images.
Le photographe américain Man Ray a produit plusieurs photos en utilisant cette méthode. Cet artiste polyvalent, qui fait partie des figures majeures du surréalisme, peut être vu comme le pionnier du Light Painting.
En 1949 le photographe albanais Gjon Mili avait déjà tenté cette expérience avec l’aide de Pablo Picasso. Ce projet a donné naissance à plusieurs séries de photos où l’on peut observer le grand Picasso créer d’étonnants personnages dont il gardait le secret.

1882 image créée par Etienne-Jules Marey.

1949 Picasso et Gjon Mili

1935 Man Ray


Le principe du light painting
Le light painting est une méthode visuelle de photographie qui repose sur la capture de la lumière, peu importe sa forme et son intensité, sur un capteur optique ou numérique. Cela permet de fixer l’éclat lumineux. Cette méthode consiste à façonner la lumière pour élaborer des compositions selon les désirs et les intentions du lightpainteur.

Le light painting se décompose en deux volets : on peut utiliser des principes de création sous la forme de light drawing (tracé de lumière dans une image) et de light painting (désir de « peindre » une surface avec la lumière).


Light painting: peindre une surface, une personne, un objet avec la lumière.
Parmi les artistes photographes qui emploient cette technique, on peut mentionner Jean Daviot, Michel Séméniako, Jacques Pugin, etc.

Light drawing: tracé de lumière dans une image



Le matériel et les réglages


Se placer dans l’obscurité totale

Lorsque vous prenez une photo, le capteur de votre appareil enregistre la lumière qui passe à travers l’objectif. Cette lumière peut être soit directe, soit réfléchie :
Directe, lorsqu’elle provient d’une source lumineuse située devant vous (soleil…)
Indirecte, lorsqu’elle est réfléchie par des objets renvoyant une lumière. C’est de cette manière que nous pouvons distinguer les éléments qui nous entourent.

Le résultat de tout cela, c’est qu’un objet dans l’obscurité complète et sans éclairage ne renvoie aucun rayon lumineux vers le capteur, et par conséquent, sera invisible sur votre image finale.

Ce point est très intéressant pour nous, car, en nous plaçant dans l’obscurité totale, il n’y a aucun risque de surexposition de la scène à cause de la lumière environnante. En effet, la seule lumière qui atteindra le capteur de l’appareil sera celle que nous créons en « peignant » avec la lumière. C’est sans aucun doute ce que je vous préconise pour débuter : une pièce sombre avec des volets fermés fonctionnera très bien, ou bien votre cave.
En d’autres termes, cette obscurité totale vous permettra de ne pas être influencé par la vitesse d’obturation de l’appareil. Par conséquent, choisir une exposition de 30 secondes ou de 120 secondes n’affectera pas le rendu final. En réalité, une exposition de 120 secondes vous offrira davantage de temps pour exprimer vos compétences artistiques.
Utiliser un trépied

Nous allons réaliser de longues expositions, donc votre appareil sera monté sur un trépied si vous n’avez pas encore de trépied, vous pouvez placer l’appareil sur une surface stable (comme une table ou une chaise), cela fonctionnera très bien.

Désactivez la stabilisation de votre objectif ou de votre appareil. Elle est superflue puisque vous utilisez un trépied.


Utilisez une télécommande sans fil
de votre appareil afin d’éviter les micro-vibrations causées par la pression sur le déclencheur. L’utilisation d’une télécommande vous permettra de faire des poses de plus de 30 secondes, si vous avez besoin de plus de temps pour peindre.
Si vous utilisez un reflex, pensez à activer la fonction qui permet de lever le miroir quelques secondes avant de déclencher l’obturateur.


Passer en mode manuel ou en mode B

Nous allons sélectionner le mode manuel (pour une fois! ), car tout est sombre et nous ne cherchons pas ici à obtenir une image bien éclairée ! Commencez avec un temps d’exposition de 30 secondes pour faire des tests, puis ajustez-le si nécessaire afin d’avoir assez de temps pour peindre tranquillement. En mode B je compte le temps en fonction de mon dessin, ce qui est plus pratique, reste à régler les ISO et l’ouverture.

La sensibilité ISO
doit être réglée sur 100 ISO (par exemple : ISO 100) pour minimiser le bruit et avoir la meilleure qualité d’image.


Maintenant voyons comment peintre avec la lumière (light drawing)

Nous allons aborder le light drawing, car nous allons créer des lignes avec la lumière.
Je vais être bref, car les principes de réglage demeurent identiques à ceux évoqués précédemment :
Dans l’obscurité totale, la durée d’exposition n’affectera pas le résultat final, comme dans le cas précédent.
L’objectif ici est de déplacer des sources lumineuses devant l’appareil pour que leurs traces soient capturées par le capteur.
Les trois éléments sur lesquels vous pouvez jouer ici sont l’ouverture de l’objectif, la vitesse à laquelle vous déplacez la source lumineuse, et son intensité.


La mise au point : je repère dans mon espace un point sur lequel je fais la mise au point, ensuite ce point va me servir de repère pour dessiner avec ma lampe
Il y a une légère distinction ici : une ouverture moins importante sera probablement suffisante (comme f/8 ou même moins), puisque la lumière se dirige directement vers l’appareil photo et sera donc assez perceptible. De plus, pour ce type de photographie, il pourrait être souhaitable d’avoir une grande profondeur de champ afin que votre peinture soit nette!

Vous avez la possibilité d’utiliser une lumière qui éclaire dans plusieurs directions, mais celle-ci va aussi éclairer les éléments autour (y compris vous ). Si vous restez immobile pendant toute la durée d’exposition, vous apparaîtrez dans l’image. Si vous bougez tout en étant éclairé, vous pourrez peut-être faire en sorte que seule la source de lumière soit visible (n’oubliez pas qu’il s’agit de la quantité de lumière que vous renvoyez vers l’appareil pendant l’exposition).
Au début, j’ai utilisé une lampe torche à LED munie de filtres de couleur (protège cahier, bouchons plastiques de couleur, etc.)


Ci-dessous voici mes 1ers essais avec une simple lampe torche

Ensuite j’ai fabriqué des rampes lumineuses avec des bandes LED de couleur, j’ai réalisé un système pour effectuer une rotation sur 360°.
J’ai trouvé dans des boutiques divers éclairages à LED très économiques, ils sont souvent munis de boîtiers avec pile, ce qui permet de les tenir à la main. J’ai utilisé des bougies magiques d’anniversaire, tube néon, sabres laser.

Ci-dessous, voici des accessoires que j’utilise pour mes éclairages

Ci-dessus, j’ai fabriqué un montage permettant de faire tourner une bande de LED

Ci-dessous, ma bande LED en situation


Voyons maintenant le light painting sur des objets ou autres sujets

L’idée ici est de placer un objet dans une complète obscurité et de le « peindre » à l’aide de lumière. Plus vous illuminerez une zone de l’objet longtemps, plus celle-ci apparaîtra clairement dans l’image finale.
Avant de débuter, prenez le temps de composer votre image et de régler la mise au point en allumant la lumière de la pièce, puis désactivez l’autofocus de l’appareil photo (sinon, il essaiera de faire la mise au point sans succès dans l’obscurité).
Pour peindre sur votre objet, une lampe torche ou celle de votre téléphone fonctionneront très bien. Il suffit de veiller à ce que la source de lumière ne soit pas multidirectionnelle.
J’utilise également sur mes lumières des filtres de couleur.


Gardez à l’esprit qu’un faisceau lumineux plus étroit peut entraîner un effet similaire à des « traces de pinceaux » sur votre image finale. Si vous souhaitez éviter cela, vous pouvez placer une feuille de papier devant la lumière de votre lampe pour adoucir l’éclairement. Une autre méthode qui fonctionne assez bien pour les petits objets est de mettre une image blanche sur l’écran de votre téléphone et de maximiser la luminosité (félicitations, vous venez de réaliser une mini softbox! ).
Commencez par une première prise en ouvrant votre objectif au maximum (par exemple f/2. 8 ou f/4). Vous pouvez le refermer davantage si cela s’avère nécessaire pour que l’objet soit entièrement net.
En continuant avec l’image de la peinture, l’ouverture sera le premier moyen de réguler le flux de
peinture de votre pinceau. Ensuite, la durée d’éclairage de votre objet constitue le deuxième facteur, et la puissance de votre lampe en est le troisième !
En fonction des limitations liées à l’ouverture et aux lampes disponibles, vous pourrez ajuster un ou plusieurs de ces trois éléments pour obtenir un effet qui vous satisfait.


Les pièges à éviter quand vous peignez :
Vous devez assurer que votre lampe fait face à l’objet et que le dos est tourné vers l’appareil photo. Autrement, vous risquez d’obtenir une marque lumineuse très visible
et veillez à rester derrière la lampe, car, si elle éclaire accidentellement une partie de vous, cela pourrait apparaître sur l’image finale (comme votre main ou votre visage, tel un spectre maléfique).
Si la lumière ambiante est trop puissante durant tout le temps de pose, celle-ci va avoir une influence sur le rendu final de l’image.


Faites donc une première photo test pour trouver le temps de pose adéquat pour exposer l’arrière-plan comme vous le souhaitez.
Ensuite, vous pouvez peindre comme d’habitude en modulant l’ouverture d’objectif, la vitesse de la source lumineuse et son intensité. Et bien sûr, ne pas oublier que, si vous êtes immobile, vous apparaîtrez.


Ci-dessous, voici plusieurs photos de light painting


Ci-dessous, voici plusieurs photos de light drawing

Ci-dessous divers montages photo