La photographie d'architecture

La photographie d’architecture

Les divers domaines:

L’architecture d’extérieur est destinée aux édifices religieux, aux complexes sportifs, aux habitations, au patrimoine et monuments classés. La prise de vue peut être faite sur un bâtiment isolé ou un groupe de bâtiments…

L’architecture d’intérieur est destinée aux espaces intérieurs: habitat, bureau, commerce… L’architecture de design produit : mobilier, luminaire, objet…

L’architecture de communication : décor de théâtre, de cinéma, de télévision, image d’entreprise…

Lorsque vous photographiez dans une ville des bâtiments ou des rues, il faut éviter de faire la prise de vue « touristique » c’est-à-dire, comme tout le monde, vous pouvez apporter une touche personnelle ou au contraire, chercher à rendre cette photo la plus réaliste possible. Vous remarquerez qu’en photo d’architecture les situations sont souvent différentes, que ce soit les couleurs, la hauteur du monument, le recul etc… Vous pouvez également donner une ambiance ou une échelle en y ajoutant des personnages.

La lumière joue un rôle important, suivant l’heure, l’éclairage va écraser ou faire ressortir des détails.

Perspectives et lignes de fuite

Le premier problème en photo d’architecture est de lutter contre toutes les déformations : perspectives, distorsions, lignes incurvées etc…

Ces déformations sont dues en général au cadrage en plongée ou contre-plongée, la focale, la qualité de l’objectif, etc..

Comment redresser les perspectives :
 
En général, lorsque vous prenez un bâtiment en photo, si vous n’avez pas de recul, vous êtes proche de ce bâtiment, la seule solution est de cadrer en contre-plongée, ce qui a pour effet de faire converger les lignes de fuite vers le haut du cadre, car votre capteur n’est pas parallèle au bâtiment.

1ère solution : éloignez-vous du bâtiment si cela est possible, utilisez une focale plus longue.

 2ème solution : vous pouvez utiliser un objectif à bascule et décentrement, qui va permettre de redresser ces lignes de fuite, par contre cette solution est coûteuse, mais très efficace (voir mon tuto sur l’objectif à décentrement 24mm TS-E).
 
3ème solution : rester proche du bâtiment et par la suite redresser en postproduction ces lignes de fuite à l’aide de logiciels.
  
La lumière et le contraste
 

Souvent en photo d’architecture, vous êtes gênés par des contrastes trop violents, les ombres sont foncées et les hautes lumières sont saturées. La solution est d’utiliser le mode HDR qui consiste à prendre 3 photos ou plus, la 1ère sous-exposée, la seconde normale et la troisième sur exposée, ensuite ces 3 images sont fusionnées en une seule, de manière à faire ressortir les détails dans les parties sombres et dans les hautes lumières. L’utilisation du HDR en architecture est très utile voire indispensable.

Ci-dessus prise de vue normale   (avec un contre-jour)

Ci-dessus prise de vues HDR pour corriger ce contre-jour

Choisir le bon moment
 
La lumière varie en fonction de l’heure et de la saison, par exemple, le matin et le soir, les couleurs sont chaudes. Il faut également tenir compte de l’orientation de votre bâtiment, éviter les lumières dures à fort contraste.
 
L’idéal est une lumière neutre sans contraste : soleil voilé, légers nuages, etc..
 

En photo d’architecture, vous devez vous poser plusieurs questions :
 Cadrage vertical ou horizontal ?
Pourquoi rendez-vous ce bâtiment en photo ?
Quelle partie doit-on mettre en évidence sur ce bâtiment ?
Faut-il isoler ou placer ce bâtiment dans son contexte ?
La lumière est -elle la meilleure à cette heure ?
Est-ce que mon cadrage ou ma position est la meilleur ?
Faut-il ajouter un personnage pour l’échelle ?
Y a-il des éléments perturbateurs (poubelle, voiture, lampadaire, etc…) ?
 
 
Savoir observer son sujet
 
En photo en général, il est important de donner sa propre empreinte, en architecture c’est encore plus important, il faut apporter une touche personnelle, un cadrage pas comme les autres , ajouter un premier plan, vous pouvez jouer sur les ombres, la lumière, les couleurs…
 
En architecture moderne vous avez souvent des graphismes intéressants à mettre en valeur.
 
Sur certains lieux touristiques, vous êtes envahi par une foule de personnes qui comme vous admirent ces bâtiments, le seul moyen d’éviter toutes ces personnes sur votre photo est d’observer et de chercher les détails à prendre en photo…N’oubliez pas que tôt ou tard dans la journée les touristes sont moins nombreux.
 
Si vous pouvez entrer à l’intérieur du bâtiment n’hésitez pas à le faire car souvent vous trouvez des détails de valeur que ce soit des escaliers, des vitraux, des sculptures par contre pour visualiser certains détails il est nécessaire d’avoir un zoom transtandart de 24-105 par exemple, dans ce cas le trépied est souvent nécessaire.

Le matériel
 
L’objectif : souvent le manque de recul vous oblige à utiliser des focales courtes, pour moi la bonne focale est le zoom 10-24mm, en dessous de 10mm les déformations sont trop importantes et difficilement corrigibles Il faut faire attention à la qualité de l’optique, car, car certains objectifs ont de fortes déformations aux focales courtes, par contre, les prix ne sont pas les mêmes.Si vous avez les moyens, les objectifs à décentrement sont parfaits en privilégiant les focales courtes 17mm par exemple. Il existe l’objectif fish-eye qui couvre un champ très large, mais il déforme énormément l’image, pour moi il n’est pas utilisable en architecture, par contre certain logiciels redressent facilement les images des fish-eye.
Le Trépied : il est souvent utile si la lumière manque, ce qui permet de fermer le diaphragme et de pouvoir photographier les bâtiments de nuit. Avec un objectif à décentrement, le trépied est indispensable pour effectuer un bon redressement de plus un niveau à bulle est nécessaire dans ce cas, il existe des petits niveaux qui se fixent sur le sabot du flash, les appareils photo possèdent parfois des niveaux incorporés.
Le flash : il peut rendre service en architecture d’intérieur.
 
 
Une focale courte est préférable
 
 
Pour toute cette démonstration j’ai utilisé un bâtiment tout à fait ordinaire avec un jardin tranquille sans touriste qui me permettait du recul, chaque photo a été travaillée de manière à redresser les lignes de fuite.
 
Sur les photos ci-dessous vous pouvez voir que le 12mm permet de cadrer tout le bâtiment à 15m, sans être gêné par les deux arbres latéraux. Par contre avec une focale de 24mm il est impossible de cadrer tout le bâtiment sans les arbres, le seul avantage d’avoir du recul est que les perspectives sont moins penchées.

12mm F9 à 15m

12mm F9 à 20m

12mm F9 à 30m

24mm à 15m

24mm à 20m

24mm à 30m


L’objectif à bascule et décentrement TS-E 24mm dans les mêmes conditions

Ci-dessus photo avec décentrement maxi à gauche

Ci-dessus photo avec décentrement maxi à droite

Ci-dessus montage final des deux photos assemblées

Sur ces deux photos j’ai tout d’abord redressé les perspectives et ensuite décentré à gauche et à droite de manière à obtenir 2 photos, assemblées avec autopano-pro pour obtenir une seule image. L’énorme avantage du TSE est de ne pas déformer l’image, car il n’y a pas de rotation, donc on oublie la rotation sur la pupille d’entrée et le montage final se fait sans problème.
 
Les avantages : 
Je suis à une distance d’environ 18m à 20m,
Les perspectives sont redressées à la prise de vue,
Tout comme au 12mm on ne voit pas les arbres de gauche et de droite.
 
Les inconvénients : 
Il faut un trépied, un niveau à bulle, éventuellement un déclencheur souple
Le cadrage est délicat à faire obligatoirement sur l’écran LCD de l’appareil
Il faut beaucoup plus de temps pour réussir une bonne photo
 
 Une dernière astuce si vous ne possédez pas de focale courte
 Lorsque vous n’avez pas assez de recul, vous pouvez faire un panoramique sur deux niveaux que vous assemblez par la suite :
 
La technique :
Vous prenez une série de 2 à 3 photos de la base du bâtiment et ensuite vous terminez par la partie supérieure de ce bâtiment.
 
Normalement il faut une tête panoramique de manière à tourner sur la « pupille d’entrée », mais en prenant des précautions vous pouvez le réaliser à main levée.
 
Note : vous pouvez utiliser cette technique avec un objectif non TSE sans problème.


 
Sur les photos ci-dessous j’ai pris 4 vues avec un 24mm standard et après assemblage j’ai redressé la perspective.


Les traitements d’image en postproduction

 
L’utilisation de la retouche va vous permettre de modifier le contraste, la couleur, de supprimer des éléments perturbateurs, etc…
 
La principale utilisation est le redressement des perspectives, vous avez de nombreux logiciels permettant ce travail, il suffit en général de redresser les verticales, certains logiciels permettent également de rectifier les lignes horizontales.

Prise de vues au 12 mm sans traitement, photo prise avec un objectif normal 

 La même image après traitement avec un logiciel photo

Vous pouvez remarquer sur l’image de gauche que cet objectif 12mm ne déforme pas trop les lignes droites : voir les gouttières et le mur en premier plan.

Note importante :pour ne pas avoir de problème lors du traitement de vos images, à la prise de vue, il faut penser à laisser une grande marge au-dessus et une moyenne sur les côtés de l’édifice, car, si vous redressez une image en postproduction, elle monte en hauteur énormément et va dépasser le cadre…

Sur les images ci-dessous, le sommet du clocher est trop proche du bord supérieur du cadre, donc il est coupé au traitement, les bords gauche et droit sont également trop serrés, dans ce cas, il faut cadrer votre photo plus large .

    Photo originale

   verticales seules

  verticales et horizontales



Plongée et contre-plongée en architecture d’intérieur
 
Que ce soit en intérieur ou en extérieur, le procédé reste le même, il faut redresser les perspectives.
 
Sur l’exemple ci-dessous pris en contre-plongée, je suis à 90cm de cette tenture qui mesure 2m X 1,30m, réalisé au 12mm, vous remarquez que l’énorme avantage d’une focale courte c’est de pouvoir se rapprocher du sujet.

Avant correction

Après correction

Ci-dessous photo en plongée :
La photo de gauche a été prise de côté, en plongée
La photo de droite est le résultat de la correction.

Ci-dessous, il faut tourner autour du sujet, apporter votre touche personnelle.

Pour résumer :
 
Je dirais que la photo d’architecture ne pose pas de problème, si vous connaissez les notions de base : profondeur de champ, vitesse, diaphragme, sensibilité.
 
Pour réussir vos photos, cela demande un peu d’entraînement. En général le plus difficile est de trouver le bon angle, le détail qui fait la différence…
 
Un autre problème souvent difficile à surmonter est la présence de personnes ou d’objets disgracieux, vous pouvez arranger cela en post-traitement, mais, si vous pouvez éviter cela à la prise de vue, vous aurez moins de travail par la suite.
 
Si vous utilisez un objectif à décentrement, il faut de l’entraînement, de la technique, de la patience et ne pas oublier la mise au point qui est manuelle, n’oubliez pas que les informations fournies à l’appareil sont erronées à cause du décentrement, trépied obligatoire.
 
N’oubliez pas que, souvent la mise au point se fait en manuel.
 
Il ne me reste plus qu’à vous encourager à débuter dans la photo d’architecture, n’ayez pas peur ce n’est pas réservé qu’aux professionnels….