Photographier dans un musée ou une exposition
Photographier dans un musée est très différent de la photo “classique”.
Il faut gérer :
Le manque de lumière,
les reflets sur les vitrines,
Les œuvres immobiles, mais parfois éloignées,
l’interdiction du flash, qui est très souvent le cas dans les musées
la foule et les angles limités.
Les tableaux de grande dimension L’objectif n’est pas seulement de “documenter” une œuvre, mais de transmettre : les textures, les volumes, l’ambiance, l’échelle, et parfois l’émotion de la salle.
Avant de commencer : suivre les règles du musée
Beaucoup de musées autorisent les photos sans flash
Certains musées interdisent également, le trépied, les perches/selfie sticks
Il faut toujours vérifier les panneaux ou les affiches explicatives, vous pouvez aller sur le site du musée.
Réglages généraux recommandés pour un APN
Réglages de base
Mode : priorité ouverture (A / Av) ou mode M (j’utilise très souvent le mode M)
Ouverture : sculptures et peintures: f/2.8 à f/8, l’ouverture joue sur la profondeur de champ, important pour masquer un fond disgracieux.
ISO : 800 à 3200 selon la lumière sur les full frames récents. Vous pouvez monter à 64000 ISO voir plus à condition d’utiliser le satcking
Vitesse : minimum 1/60 à main levée, 1/125, voire plus si vous bougez beaucoup, sur une longue focale, il faut augmenter la vitesse.Mode : priorité ouverture (A / Av) ou mode M (j’utilise très souvent le mode M)
1. Photographier des sculptures
Les sculptures sont essentiellement une affaire de lumière et de volume.
Ce qu’il faut rechercher : les ombres, les lignes, les profils, la profondeur.
Le meilleur angle :
Il faut tourner autour de la sculpture. Ne restez pas frontalement face à elle.
Cherchez : un angle 3/4, une lumière latérale, un fond propre.
Choisir une ouverture moyenne pour atténuer l’arrière-plan
Utiliser le mode HDR en cas de mauvais éclairage
Il faut parfois attendre l’heure idéale de prise de vue
Par temps nuageux l’éclairage est plus doux. Dans un musée vous pouvez vous déplacer mais si la lumière est mauvaise, il vous reste le post-traitement

Cette photo prise en contre-plongée met en valeur la dimension de cette statue, vous avez également le personnage à gauche qui permet d’évaluer l’échelle de cette sculpture.

Astuce importante : la lumière latérale
La lumière venant du côté révèle : les textures, les reliefs, les détails du marbre ou du bronze.
Une lumière frontale “écrase” le volume.
Pour une composition efficace, il faut essayer:
des gros plans sur les mains, visages, des textures,
des contre-plongées pour donner de la puissance,
inclure un visiteur pour montrer l’échelle.
Mode HDR si vous avez des contre-jours ou des parties mal éclairée.
Principe du HDR
Le principe du HDR, consiste à mélanger plusieurs expositions (minimum 3) : une sous-exposée qui atténue les parties surexposées, une autre normale pour avoir un maximum d’informations, et une dernière surexposée de manière à faire ressortir les détails dans les parties sombres.




A droite sur cette photo d’armure de Samouraï, l’ombre en arrière, plan est trop prononcé, la barrière métallique au 1er plan est gênante , même en tournant autour les problèmes restent les mêmes. Cette photo n’est pas à garder.

À droite, sur cette photo d’armure de Samouraï, l’éclairage est meilleur, il reste l’ombre en bas à gauche à supprimer au post-traitement.

2. Photographier des peintures
Le principal problème : les reflets et la perspective.
Position idéale
Placez-vous si possible: parfaitement face au tableau, capteur parallèle à la peinture.
Sinon : les lignes se déforment, les cadres deviennent trapézoïdaux.
Comment éviter les reflets
Les reflets viennent : des spots, des vitrages protecteurs, des fenêtres.
Solutions :
Décalez-vous légèrement,
Rapprochez-vous,
Utilisez un angle très léger, Utilisez un filtre polarisant
Masquer la lumière avec votre corps si possible.
Pensez toujours que vous pourrez redresser les perspectives au Poste-traitement,
Attention à la balance des blancs
Les musées utilisent souvent : des lumières chaudes, LED, des spots directionnels.
Résultat : tableaux trop jaunes, couleurs fausses.
Les solutions :
Utiliser le format RAW, correction possible par la suite
Régler la balance des blancs manuellement.
Photo trop jaune due à l’éclairage

Photo RAW avec balance des blancs retouchée au post-traitement

Perspectives redressée

Les peintures de grande taille
Certaines peintures sont de très grande taille, dans ce cas, il faut décomposer la prise de vue en 2 ou 3 photos, ensuite au Poste-traitement, il faut rassembler ces photos en une seule. Pour la prise de vue, il faut éviter de tourner votre Appareil photo de gauche à droite pour prendre la série de photos, il faut mieux se déplacer latéralement pour chaque photo. Il arrive également que vous ayez un manque de recul (couloir, personnes devant vous…)
Tableau pris en deux fois Banquet de la garde civique par Bartholomeus van der Helst (1648)

Sur ces deux photos, le manque de lumière et le reflet sont à corriger.

Montage de ces deux photos, avec retouche de la lumière, du reflet et de la perspective (logiciel Affinity photo)

Des personnes devant un tableau ou une sculpture
Sur les grands tableaux, vous avez souvent des personnes devant, dans ce cas, je reste à la même position et je prends plusieurs photos en fonction du déplacement des visiteurs de manière à couvrir tout le tableau. Ensuite au Post-traitement, il faut faire un assemblage en supprimant les images fantômes (photo de droite).




Ci-dessous: Street Art, montage de 3 photos, vous avez une déformation de la perspective, j’ai ensuite redressé cette déformation avec affinity.
1ere photo

2ème photo

3ème photo

Montage des 3 photos, avec une déformation visible

Perspective redressée avec affinity

Street Art : ci-dessous, deux photos assemblées avec un personnage pour montrer la dimension de cette peinture.



3. Photographier des vitrines
C’est souvent la partie la plus difficile.
Le verre crée : des reflets, double image, une perte de contraste.
Technique principale : coller l’objectif au verre, très efficace.
Angle bien droit. Cela réduit énormément les reflets.
Astuce : utiliser ses mains comme pare-lumière
Vous pouvez entourer l’objectif avec tes mains pour bloquer les lumières parasites.
Utilisez un filtre polarisant : il faut parfois chercher le meilleur angle, pour que le filtre donne son meilleur résultat.
Éviter le flash absolument
Le flash : rebondis sur la vitre, détruis les détails, gêne les visiteurs, il est très souvent interdit dans les musées.
Photo prise à distance de la vitre

Photo objectif collé à la vitre avec la main au dessus

Photo retouchée avec Affinity pour augmenter le noir

Utilisation d’un filtre polarisant
Un filtre polarisant est un accessoire que l’on visse à l’avant de l’objectif d’un appareil photo.
Son rôle principal est de réduire certains reflets et de rendre les couleurs plus intenses.
Quand vous photographiez une vitrine ou la surface d’un lac, il y a souvent des reflets qui cachent ce qu’il y a derrière.
Le filtre polarisant agit un peu comme des lunettes de soleil spéciales : en le tournant, il peut supprimer une partie de ces reflets.
Sans filtre :
Reflets importants sur l’eau ou le verre.
Détails parfois invisibles.
Avec filtre :
Moins de reflets.
On voit mieux à travers l’eau ou une vitre.
Utilisation du filtre polarisant en photos de paysages :
Assombrir légèrement le ciel bleu.
Faire ressortir davantage les nuages.
Renforcer la saturation des couleurs (vert des arbres, bleu du ciel, etc.).
Comment l’utiliser ?
Les filtres polarisants circulaires ont une bague rotative :
Vous regardez dans le viseur ou sur l’écran.
Vous tournez le filtre.
Vous arrêtez lorsque l’effet est plaisant.
Suivant l’angle l’effet est plus ou moins prononcé
Le prix d’un filtre :
Il faut compter 50 à 150 euros suivant le diamètre de votre filtre.
Vous avez également des doubles filtres (polarisant + ND)




Filtre polarisant sur des objets


Filtre polarisant en paysage


Voici une vidéo expliquant le principe du filtre polarisant
4. Comment gérer la faible lumière
Les musées sont souvent sombres pour protéger les œuvres.
Le vrai défi : ne pas bouger
même un léger mouvement :floute les détails. j’utilise souvent le 1/320è, quitte à monter les ISO
Techniques utiles
Stabilisation corporelle : coudes collés au corps, respiration bloquée un instant, déclenchement doux.
Utiliser l’environnement : appuyez-vous sur : un mur, une colonne, une rambarde.
Faire des stacks : c’est-à-dire de prendre plusieurs photos (environ 10 ou plus) et ensuite de les empiler par stacking pour en créer une seul, le gros avantage cela permet d’utiliser des ISO élevés. Il est très important de garder au maximum le même cadrage. Vous pouvez utiliser le mode rafale, ce qui permet un grand nombre de photos en cadrant le sujet sans trop bouger.
Une seule photo d’une série de 10 photos prises une par une à main levée en gardant au maximum le même cadrage, le bruit est visible.

Résultat de ces ces 10 photos assemblées et retouchées avec affinity le bruit est moins visible.

Cette photo est prise à 64000 ISO sans retouche, le bruit est nettement visible

Cette photo est réalisée avec un empilement de 52 photos prises en mode rafale, le montage est réalisé avec Affinity photo, le bruit est pratiquement invisible

5. Composer des photos “artistiques”
Ne prenez pas uniquement “l’œuvre”.
Photographiez aussi : l’espace, les visiteurs, les lumières, les perspectives.
Cherche les interactions
Très bonnes scènes : quelqu’un observant une peinture, silhouettes dans une galerie, reflets, alignements de cadres.
Deux façons de prendre en photo une peinture : sur la photo de gauche, la peinture est entière, mais trop petite, par contre à droite, le tableau est plus grand malgré les personnes qui ne sont pas très gênantes.

Sur cette photo j’ai demandé à cette jeune fille de se placer devant cette peinture, de manière à évaluer sa dimension.

Sur cette photo j’ai profité d’un effet miroir pour monter le photographe en action

Dans ce musée « street art », une vue plongeante permet de montrer le gigantisme de ce lieu

Ce musée « street art » à été fait dans un ancien chantier naval, l’artiste à eu l’idée d’utiliser d’utiliser cette grue pour y placer ce personnage.

Photographier l’artiste en gros plan, à droite, son travail déjà bien avancé.


Sur cette photo, vous pouvez voir : l’ambiance du lieu, l’immensité des toiles grâce aux deux personnes.

6. Erreurs fréquentes
À éviter :
Zoom numérique, vous perdez énormément en qualité.
Flash interdit et mauvais rendu.
Photos prises trop vite, prenez le temps de regarder la lumière.
Tout photographié, vous revenez avec 500 images inutiles.
Mieux : sélectionner, observer, composer.
7. Quelques conseils simples
Dans le musée
1 -Observer l’œuvre
2 -Chercher la lumière
3 – Tester plusieurs angles
4 – Faire : une photo large, une photo moyenne, un détail
5 – Dans un musée l’avantage est que vous avez tout votre temps
Après la visite
Retouche légère : exposition, contraste, redresser les perspectives, corriger les couleurs d’ou l’avantage du RAW.
Je ne vais pas faire un exposé sur la retouche, car j’ai déjà fait ce travail sur mon site. Voici les principales corrections :
Tuto vidéo faire la balance des blancs avec Affinity photo en conservant la dynamique de la photo :
Redresser une perspective avec Affinity photo :
Supprimer le bruit avec Affinity photo (avec une compilation de plusieurs photos) :
Supprimer le bruit avec DXO
avec une seule photo à 64000 ISO
(photo de gauche sans traitement, photo de droite avec traitement DXO : Deep-PRIME-XD3) le logiciel DXO est très puissant pour la gestion du bruit c’est pour cela que je n’hésite pas à shooter à 64000 ISO.


Comparatif de la gestion du bruit entre Affinity et DXO : affinity (photo de gauche) gère moins bien la couleur, il reste encore du bruit et les détails commencent à disparaître. DXO (photo de droite) gère très bien le bruit et la couleur.


Bonus : réglages rapides selon le sujet
| Sujet | Angle conseillé | Réglage idéal |
|---|---|---|
| Sculpture | 3/4 latéral | lumière latérale |
| Peinture | face parfaite | éviter reflets |
| Vitrine | objectif collé au verre | pas de flash |
| Salle de musée | Grand angle | lignes droites |
| Détail de l’oeuvre | rapproché | stabilité maximale |
Le point le plus important
Dans un musée, la meilleure photo n’est pas forcément la plus “nette”.
C’est souvent celle qui transmet : l’atmosphère, le silence, la matière, la relation entre l’œuvre et le spectateur.
